Alors j’écris

Le vent emporte l’odeur des feuilles
Le soleil a fait sienne la saison
Le temps passe
et nous perdons la trace
des heures insensées de nos cœurs
Ce rouge délavé, cette passion connue
la terre gonflée de promesses tendres
Le temps passe et c’est bien
non tout n est pas vain
Le fruit qui fond avec délice
le ciel qui se consume
la mer sauvage et libre
La poésie se saoule de chaque chose
ivre, elle se souvient
écris…

ecrire

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ETRANGE SOIR

SANG TOI

Partir

mains dans les poches

les réchauffer bien avant que le froid ne s’en mêle

Marcher

doucement

au rythme de mes pensées

Rêver la tête dans les étoiles tombantes

le cœur en poésie au milieu des ombres

Écouter la route avaler les histoires

dessinées par mes pieds

sur les pavés usés

 

Usés sont les pavés comme sont usées mes jambes

Les unes se sont trop planté dans le sol, ont trop dansé de valse à deux, ont trop souvent été prises à mon cou

Les autres en ont trop supporté

rêvant de plages souterraines, se lançant même parfois dans d’utopiques révolutions

avant de retomber comme des pierres

Sur les pavés, la rage

Bree Gry

 

 

 

 

Je suis donc j’écris

Ces derniers temps l ‘envie d’écrire me fuit. Non, ce n’est pas l’envie qui me fait défaut mais plutôt la réalisation du geste d’écriture. Écrire est un acte et j’ai de la difficulté à agir.

Écrire est un geste de création qui peut rapprocher les pensées et parfois traverser la solitude et même le temps. Je ne prends pas la plume ou le crayon, je ne me contemple pas dans la blancheur de la page mais je vois mon reflet dans mon écran d’ordinateur ordinaire.

Je n’ai pas de cris à jeter, de larmes à  faire couler en rivières de mots, juste quelques pensées à dessiner, quelques émotions à partager.

Envie d’évoquer le chant des oiseaux qui troue mes fenêtres, les nuages cotonneux qui m’enveloppent  et le silence qui donne de l’espace.

Pas de soleil souverain, de plage évocatrice, de vagues majestueuses ou de grand vent puissant. Une poésie du quotidien flotte comme l’arôme du café, se dépose sur ma peau comme un vêtement léger, tissé de lettres  d’une vivance intemporelle.

La poésie aide à vivre en  guidant le regard du lecteur vers des couleurs et des senteurs procurant des émotions. Sentir l’instant, le recevoir comme un cadeau à partager dans l’écriture.  Tenter, mot après mot, de donner du sens au présent. Entre nostalgie du passé et crainte du futur, je suis.

Bree Gry

Musique

 

sylviaplath2

Par la fenêtre ouverte entre la musique de la vie.

Le souffle du vent sur lequel se pose la mélodie d’un oiseau bavard

les coups de marteau percutants d’un voisin

le ronronnement d’une voiture qui passe au loin.

Le vent qui souffle

l’oiseau qui fait ses gammes

les petits pas de la petite fille du dessous

une voiture qui ronronne

le marteau qui entreprend une série de percussions

un klaxon.

Le vent

les petits pieds qui courent

les voitures qui vrombissent

l’oiseau qui s’égosille de plus belle

la petite fille qui chante nananère

le marteau

la vent

et la fenêtre qui claque dans un coup de tonnerre final.

Bree Gry

 

 

 

 

 

Japonisant

hokusaiLe silence est balayé par le bruissement des cigales

l’air est moite, l’après midi lourd

Les bambous dodelinent docilement

dans mon cerveau ramolli par la chaleur

des pétales de cerisier me brouillent la vue

Prendre les eaux au onsen tout proche est tentant

mais le temple et son atmosphère apaisante m’attendent.

Bree Gry

 

 

 

 

écrire

img_4674Butiner au gré du vent

un peu de lumière, un arbre en fleurs,  un sourire, le chant d’un oiseau, le jeu d’un chaton, la danse des flocons, une musique comme une marée

ouvrir avec délicatesse chaque livre de cette bibliothèque essentielle

et me réjouir

le fond de mon jardin contient autant de  merveilles que le bout du monde

 

Gouter la présence intense offerte par certaines personnes

Deviner Dieu dans ces trésors ténus au quotidien

Opposer à la fureur du monde une beauté active

 

Aller dans des pays inconnus au tout début de Moi

dans ce monde d’ignorance d’amour de mélancolie de silence de solitude et de mort

dans cette réserve de forces en souffrance

car personne n’est venu me les faire découvrir

tisser  des liens secrets entre ombres et beauté

m’abandonner dans l’ écrin blanc de la page

écrire pour voir  dans la nuit

faire don d’un peu de clarté fragile

faire éclater mon  cœur intime

le faire habiter dans le cœur de ceux que j’aime

pour  ne pas disparaître de mon vivant

 

Partager l’intimité

tout en sachant que nous restons toujours

à la porte de la solitude de chacun

écrire pour dire que j’entends les émotions des autres

pour partager enfin de  vraies paroles

Ecrire comme j’aime

 

Lire comme un enfant  joue

Lire pour m’éprendre

m’éloigner de moi en goûtant

chacun des mots d’un autre

délivrer ses mots  en les lisant

contempler le ciel et la terre dans son écriture

m’approcher du mystère

et découvrir parfois que  nous partageons le même regard.

 

Bree Gry

Se cogner aux mots

la-nuit-etoilee-Van_Gogh.jpg
Toujours là quelque part
Tapie
La douleur
Comme un couvercle  prêt à se poser
Mais le désespoir n’est jamais seul
on peut soulever le couvercle
pour respirer
Respirer des morceaux de vie
recevoir une pluie de poésie fulgurante
La vie n’est jamais banale
jamais monochrome
La beauté régénère le regard fertile
qui l’accueille
Sortir des murs capitonnés
érigés pour me protéger
Se cogner aux mots encore et encore
Célébrer le «Moi», partager l’intensité intérieure intime
Ecrire le quotidien, les émotions, les secrets
les cris et les chuchotements
Produire des écrits
puis les ranger
dans le rayon «poétiques confessionnels».
Bree Gry

Femmes qui courent avec les loups

Livre Femmes qui courent avec les loups

Quelques lignes de « Femmes qui courent avec les loups »
« Souviens-toi, ma soeur, mon amie…
Même brisée, même apeurée,
Même aux prises avec un Barbe Bleue,
Tu peux chanter sur les os
De tes rêves massacrés
Et les ressusciter pour un nouvel envol.
Tu as ce pouvoir immémorial !
Oui ! Tu fais peur !
Oui ! Tu peux avoir peur de cette grandeur !
Alors, appelle la Femme Sauvage en toi.
Elle est là, partout, comme une onde de vie
Pour toi, ma sœur, mon amie.
Appelle-là et raconte-lui
Ce qu’ils ont essayé de faire de toi !
Ouvre grand tes yeux,
Regarde le sang de tes blessures d’âme,
Ramasse tous ces os pétrifiés
Et laisse la Loba te rendre à toi-même
En chantant avec elle, pour elle, pour toi !
Chante, danse,
Joue du piano ou du violon !
Bouscule ce monde,
Reprends ta plume ou tes pinceaux
Crée de savoureux gâteaux
Ou de féeriques costumes,
Inonde le monde de ta joie !
Femme, ma sœur, mon amie
Ne l’oublie jamais !
Tu es, de toute éternité,
La Femme Sauvage,
Celle qui court avec les loups… »

EXTRAIT AUDIO

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