Je suis donc j’écris

Ces derniers temps l ‘envie d’écrire me fuit. Non, ce n’est pas l’envie qui me fait défaut mais plutôt la réalisation du geste d’écriture. Écrire est un acte et j’ai de la difficulté à agir.

Écrire est un geste de création qui peut rapprocher les pensées et parfois traverser la solitude et même le temps. Je ne prends pas la plume ou le crayon, je ne me contemple pas dans la blancheur de la page mais je vois mon reflet dans mon écran d’ordinateur ordinaire.

Je n’ai pas de cris à jeter, de larmes à  faire couler en rivières de mots, juste quelques pensées à dessiner, quelques émotions à partager.

Envie d’évoquer le chant des oiseaux qui troue mes fenêtres, les nuages cotonneux qui m’enveloppent  et le silence qui donne de l’espace.

Pas de soleil souverain, de plage évocatrice, de vagues majestueuses ou de grand vent puissant. Une poésie du quotidien flotte comme l’arôme du café, se dépose sur ma peau comme un vêtement léger, tissé de lettres  d’une vivance intemporelle.

La poésie aide à vivre en  guidant le regard du lecteur vers des couleurs et des senteurs procurant des émotions. Sentir l’instant, le recevoir comme un cadeau à partager dans l’écriture.  Tenter, mot après mot, de donner du sens au présent. Entre nostalgie du passé et crainte du futur, je suis.

Bree Gry

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Musique

 

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Par la fenêtre ouverte entre la musique de la vie.

Le souffle du vent sur lequel se pose la mélodie d’un oiseau bavard

les coups de marteau percutants d’un voisin

le ronronnement d’une voiture qui passe au loin.

Le vent qui souffle

l’oiseau qui fait ses gammes

les petits pas de la petite fille du dessous

une voiture qui ronronne

le marteau qui entreprend une série de percussions

un klaxon.

Le vent

les petits pieds qui courent

les voitures qui vrombissent

l’oiseau qui s’égosille de plus belle

la petite fille qui chante nananère

le marteau

la vent

et la fenêtre qui claque dans un coup de tonnerre final.

Bree Gry

 

 

 

 

 

Japonisant

hokusaiLe silence est balayé par le bruissement des cigales

l’air est moite, l’après midi lourd

Les bambous dodelinent docilement

dans mon cerveau ramolli par la chaleur

des pétales de cerisier me brouillent la vue

Prendre les eaux au onsen tout proche est tentant

mais le temple et son atmosphère apaisante m’attendent.

Bree Gry

 

 

 

 

écrire

img_4674Butiner au gré du vent

un peu de lumière, un arbre en fleurs,  un sourire, le chant d’un oiseau, le jeu d’un chaton, la danse des flocons, une musique comme une marée

ouvrir avec délicatesse chaque livre de cette bibliothèque essentielle

et me réjouir

le fond de mon jardin contient autant de  merveilles que le bout du monde

 

Gouter la présence intense offerte par certaines personnes

Deviner Dieu dans ces trésors ténus au quotidien

Opposer à la fureur du monde une beauté active

 

Aller dans des pays inconnus au tout début de Moi

dans ce monde d’ignorance d’amour de mélancolie de silence de solitude et de mort

dans cette réserve de forces en souffrance

car personne n’est venu me les faire découvrir

tisser  des liens secrets entre ombres et beauté

m’abandonner dans l’ écrin blanc de la page

écrire pour voir  dans la nuit

faire don d’un peu de clarté fragile

faire éclater mon  cœur intime

le faire habiter dans le cœur de ceux que j’aime

pour  ne pas disparaître de mon vivant

 

Partager l’intimité

tout en sachant que nous restons toujours

à la porte de la solitude de chacun

écrire pour dire que j’entends les émotions des autres

pour partager enfin de  vraies paroles

Ecrire comme j’aime

 

Lire comme un enfant  joue

Lire pour m’éprendre

m’éloigner de moi en goûtant

chacun des mots d’un autre

délivrer ses mots  en les lisant

contempler le ciel et la terre dans son écriture

m’approcher du mystère

et découvrir parfois que  nous partageons le même regard.

 

Bree Gry

Se cogner aux mots

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Toujours là quelque part
Tapie
La douleur
Comme un couvercle  prêt à se poser
Mais le désespoir n’est jamais seul
on peut soulever le couvercle
pour respirer
Respirer des morceaux de vie
recevoir une pluie de poésie fulgurante
La vie n’est jamais banale
jamais monochrome
La beauté régénère le regard fertile
qui l’accueille
Sortir des murs capitonnés
érigés pour me protéger
Se cogner aux mots encore et encore
Célébrer le «Moi», partager l’intensité intérieure intime
Ecrire le quotidien, les émotions, les secrets
les cris et les chuchotements
Produire des écrits
puis les ranger
dans le rayon «poétiques confessionnels».
Bree Gry

Femmes qui courent avec les loups

Livre Femmes qui courent avec les loups

Quelques lignes de « Femmes qui courent avec les loups »
« Souviens-toi, ma soeur, mon amie…
Même brisée, même apeurée,
Même aux prises avec un Barbe Bleue,
Tu peux chanter sur les os
De tes rêves massacrés
Et les ressusciter pour un nouvel envol.
Tu as ce pouvoir immémorial !
Oui ! Tu fais peur !
Oui ! Tu peux avoir peur de cette grandeur !
Alors, appelle la Femme Sauvage en toi.
Elle est là, partout, comme une onde de vie
Pour toi, ma sœur, mon amie.
Appelle-là et raconte-lui
Ce qu’ils ont essayé de faire de toi !
Ouvre grand tes yeux,
Regarde le sang de tes blessures d’âme,
Ramasse tous ces os pétrifiés
Et laisse la Loba te rendre à toi-même
En chantant avec elle, pour elle, pour toi !
Chante, danse,
Joue du piano ou du violon !
Bouscule ce monde,
Reprends ta plume ou tes pinceaux
Crée de savoureux gâteaux
Ou de féeriques costumes,
Inonde le monde de ta joie !
Femme, ma sœur, mon amie
Ne l’oublie jamais !
Tu es, de toute éternité,
La Femme Sauvage,
Celle qui court avec les loups… »

EXTRAIT AUDIO

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La femme sauvage de Clarissa Pinkola

thLes femmes découvrent dans le livre culte de Clarissa Pinkola-Estés  « Femmes qui courent avec les loups » (Histoires et mythes de l’archétype de la femme sauvage, Grasset 1992), le miroir de leur inconscient, la révélation de la femme sauvage qu’elles abritent.

Américaine, d’origine mexicaine, née en 1944, adoptée par une famille hongroise, Clarissa est  poète, peintre, écrivain, ethnologue, psychanalyste, conteuse, féministe … Dans  ce livre majeur, elle explore les archétypes féminins. Toutes les femmes sont concernées ! Et quel souffle !

Nous sommes invitées à  nous émanciper des moules réducteurs dans lesquels nous avons été  trop longtemps enfermées, à prendre conscience  que  chacune de nous détient  une force naturelle, instinctive, que nous sommes toutes riches de dons créateurs et de savoirs ancestraux.

La « femme sauvage » est la femme qui, en paix avec son animus (le masculin de la femme selon Jung), a réussi à se libérer et à se connecter à sa force.

« Etre soi-même peut mettre la femme à l’écart des autres et se conformer aux désirs des autres peut l’éloigner de ce qu’elle est. La tension est terrible, mais il faut la supporter. Et il n’y a aucun doute sur le choix à faire. »

Clarissa Pinkola Estés intervient auprès de femmes  traversant des passages à vide, ayant le sentiment d’être dépossédées d’elles-mêmes,  anéanties et stériles sur le plan créatif.

Du fait des difficultés rencontrées dans nos  vies, nous pouvons nous sentir parfois  » vidées ». Vidées de notre sang, de nos larmes, nos émotions et notre désir. Les mots de Clarissa nous bousculent, nous remettent en confiance, nous font prendre conscience de nos capacités à nous reconstruire.

 » La nature sauvage va de l’avant. Elle persévère. Ce n’est pas quelque chose que nous faisons, c’est quelque chose que nous sommes, de manière innée. »

La femme sauvage qui est une composante de notre féminité, peut s’épanouir en nous, quand  nous faisons  la paix avec notre part masculine.

« Chaque femme porte en elle une force naturelle riche de dons créateurs, de bons instincts et d’un savoir immémorial. Chaque femme a en elle la Femme Sauvage. Mais la Femme Sauvage, comme la nature sauvage, est victime de la civilisation. La société, la culture la traquent, la capturent, la musellent, afin qu’elle entre dans le moule réducteur des rôles qui lui sont assignés et ne puisse entendre la voix généreuse issue de son âme profonde. (…)

« Pourtant, si éloignés que nous soyons de la Femme Sauvage, – notre nature instinctuelle-, nous sentons sa présence. Nous la rencontrons dans nos rêves, dans notre psyché. Nous entendons son appel. C’est à nous d’y répondre, de retourner vers elle dont nous avons, au fond de nous-mêmes, tant envie et tant besoin. […] La femme qui récupère sa nature sauvage est comme les loups. Elle court, danse, hurle avec eux. Elle est débordante de vitalité, de créativité, bien dans son corps, vibrante d’âme, donneuse de vie. Il ne tient qu’à nous d’être cette femme-là. » (Femmes qui courent avec les loups.)

Clarissa Pinkola Estés ouvre  la voie, invite chaque femme à se découvrir et se dépasser . Il  s’agit, non pas d’engranger de nouvelles  connaissances intellectuelles,  mais de vivre une profonde conscientisation  intérieure et une guérison. En lisant et relisant les contes transmis par Clarissa, nous comprenons la puissance des archétypes, nous apprenons à nous connaître nous-mêmes,  et nous avançons sur notre chemin  d’autonomie et de développement.

La femme sauvage est un état d’être que toute femme peut éprouver ou retrouver après un long et difficile parcours.

Femmes qui courent avec les loups est LE LIVRE DE CHEVET  par excellence!

Bree Gry

 

Ode à la Mère divine

lisa-citore

O Mère divine
je regardais vos yeux comme des cieux
votre tendresse sur moi penchée
et vos mains pleines de caresses
En vos bras vous me portiez
pour me donner l’ allégresse
à chaque jour qui se levait
Vous me baigniez d’eau fraîche
Aux aubes d’hiver ou d’été
Vos chants me berçaient
lorsque j’avais des peines
votre sourire faisait
de mes chagrins sereines pensées
Ô Mère divine
votre douceur était pour moi
soieries précieuses
Tandis que les cloches sonnaient dans l’air
que les marteaux chantaient
le ciel tonnait
et les trains passaient
je respirais dans votre harmonie
Et vous me pardonniez mes fautes
Cet amour que vous me donniez
Ô Mère divine
cette lumière dont vous avez peint
mon enfance
je les porte depuis comme un flambeau
sur le chemin de ma vie.
Bree Gry